Du 11 au 14 juin 2015, dans le cadre de Futur en Seine, l’Université de Paris 8, le CNAM et le Musée des arts et métiers de Paris nous proposent une exposition intitulée : « Des histoires d’art et d’interactivité ».

Courchesne, Luc. 1995. «Portrait One [clair]»
Courchesne, Luc. 1995. «Portrait One [clair]»
Si le numérique traverse actuellement quasiment tous les secteurs d’activités, du travail aux loisirs, pour s’étendre au domaine de la culture, il a été très tôt investi et exploré par les artistes. Dès les années 60, les expérimentations de ce qu’on appelait les machines cybernétiques puis, plus tard, les machines à communiquer, ont été menées par les artistes. L’informatique, qu’on préférait au terme numérique, n’était pas encore identifié à la révolution ni non plus comme l’une de ses premières marches. De telles machines ont ainsi excité la curiosité comme l’imaginaire des artistes.

L’exposition dévoilera les questionnements de quelques artistes et certains de leurs dispositifs qui y répondent ; elle montrera alors que ce sont moins les images, les sons ou les textes qui mobilisent leur intérêt que la relation et les échanges ; des relations auxquelles ils donnent forme comme le souligne Jean-Louis Boissier. Ce travail sur la relation qu’autorisent les technologies informa tiques et qui marque la singularité de l’art dit numérique n’empêche pas que certains artistes s’y soient très tôt intéressés sans pour autant explorer ces mêmes technologies.

Tel est le fil qui soutient le propos de l’exposition à travers une sélection d’œuvres. À la fonction critique d’une telle mise en perspective des œuvres s’ajoutent les vertus heuristiques de ces pratiques artistes parce que celles-ci pensent en les montrant certains des enjeux liés au développement et à l’omniprésence des technologies informatiques, quand elles ne font pas philosophie, comme l’écrit Anne Cauquelin.

Contribuant à écrire une archéologie de ces œuvres mais également des médias, une telle mise en récit nécessairement orientée dévoile enfin l’importance, dès les années 70, de certains lieux propices à ces expérimentations, et en particulier du centre expérimental de Vincennes à l’origine de l’actuelle université Paris 8. Des lieux qui ont favorisé ces dernières en les inscrivant dans un temps long, lequel temps les a préservées des effets de mode et les a éloignées de la logique souvent agressive de l’offre et de la demande. Des lieux dans lesquels des filiations esthétiques se sont construites peu à peu et qui ont ensuite essaimé un peu partout à travers le monde occidental.

La mise en espace des œuvres est enfin l’occasion de moments de résonance avec les inventions telles qu’elles sont mises en scène, au sein du Musée des arts et métiers. Les œuvres présentées font ainsi écho au phonographe, à la photographie, au télégraphe de Chappe ou encore aux réseaux de télécommunication.

Les artistes exposés

  • Olivier Auber (Le générateur poïétique, France)
  • Jean-Pierre Balpe (ROMANS, France)
  • Maurice Benayoun (Le diable est-il toujours courbe ?, France/Chine)
  • Samuel Bianchini (Keywords, France)
  • Jean-Louis Boissier (Album sans fin & Mémoire de crayon, France)
  • Edmond Couchot, Michel Bret, Marie-Hélène Tramus (La Plume & Je sème à tout vent, France)
  • Luc Courchesnes (Portrait n°1, Canada)
  • Dominique Cunin & Mayumi Okura (Book Tales, France)
  • Jean-Marie Dallet (Voyages n°17, France)
  • Jean Dubois (Zones Franches, Canada)
  • Piotr Kowalski (Information Transcript MIT<—>Lyon, États- Unis/France)
  • Antoni Muntadas (The File Room, États-Unis)
  • Cécile le Prado (Vocatifs, France)
  • Sliders_lab (Topomovies, France).

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