Ce matin, dans le cadre du Festival de la Fiction TV de La Rochelle, le CNC (Centre National du Cinéma et de l’Image Animée) donnait une conférence sur le thème :  « Les aides nouveaux médias du CNC : quelles opportunités pour la fiction transmédia ? » 

Après une brève introduction de Vincent Leclerc, directeur de la branche Audiovisuel et Création Numérique du CNC (Ex Pictanovo), Pauline Augrain, chargée de mission au CNC nous a présenté les différentes aides en compagnie de Judith Louis, Directrice de la fiction chez Arte et membre de la commission du CNC.

Tout d’abort, le CNC et Arte ont toutes les deux exprimé leur regret de constater que les demandes d’aides dédiées à la fiction transmédia ou à la web fiction soient plutôt rares. Aucune raison n’est pour autant avancée. S’agit-il d’une auto censure de la part des auteurs ou des producteurs ? D’une méconnaissance des aides ? Ou des deux ? Difficile à dire…

Trois modalités d’aide

  • Une aide sélective à l’écriture et au développement pour les contenus multisupports, incluant la télévision et/ou le cinéma
  • Une aide sélective à l’écriture et au développement pour les contenus destinés spécifiquement à Internet et/ou aux écrans mobiles, à l’exclusion des jeux vidéo
  • Une aide sélective à la production pour les contenus destinés spécifiquement à Internet et/ou aux écrans mobiles, à l’exclusion des jeux vidéo

CNC1 CNC2

 

Pauline Augrain donne quelques précisions sur la forme que doit prendre une demande d’aide à l’écriture. Celle-ci doit expliquer le projet en 15 ou 20 pages en s’appuyant si possible sur des visuels.

Pour demander l’aide à la production, il est nécessaire d’avoir déjà un plan de financement regroupant l’ensemble des partenaires (diffuseurs, co-producteurs…). Outre l’originalité du projet, il est important d’établir une véritable stratégie de diffusion et de captation de trafic vers les contenus web mis en ligne.

La commission est aussi ouverte au financement de projet Brand Content à condition que la marque reste en retrait du projet et n’intervienne en rien dans le contenu éditorial.

L’aide aux nouveaux médias peut être cumulable avec le fond d’aide à l’innovation à condition d’être sur des phases de développement bien différenciées.

Lors de la conférence, Claire Leproust, présidente de FABLABCHANNEL, a fait remarquer que les projets digitaux achetés et diffusés par les chaines TV pour leur site ne bénéficient pas assez d’autopromo à l’antenne de la part de ces chaines. PourJudith Luis d’Arte, cela s’explique par le fait qu’il n’y a pas de lien direct entre l’antenne et le site de la chaine. Il s’agit de deux univers différents. Ces projets web ne peuvent donc compter que sur eux-même et sur le plan de promo du producteur pour faire de l’audience. Enfin pas exactement, car la chaine dispose aussi de moyens 100% digitaux pour promouvoir ces contenus (newsletter, display…)

En 2013, 153 projets ont été soutenus pour un montant de 5,35 M€. Le Fond de soutien aux Nouveaux Médias (au fait, quand est-ce qu’on arrête d’appeler cela des nouveaux médias ?) est doté cette année d’un budget annuel de 3M€ (soit plus de 2 M€ de moins). 37 % des demandes de soutien sont acceptées. Ce taux monte à 52 % pour les aides à la production. La grande majorité des projets soutenus sont des documentaires. Il était donc temps de remettre en perspective ces aides dans une logique plus fictionnelles.

Alors, auteurs de fiction, producteurs… le CNC et les chaines attendent de pieds fermes vos projets de fiction. Telles est la conclusion de cette conférence.

Retrouvez tous le détail de ces aides sur le site du CNC.

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Arnaud Hacquin a créé en 2010 le Jardin des marques, une agence conseil en stratégie de marque et en communication transmédia. Il est aussi le fondateur avec Olivier Pouponneau (scénariste) et Flo Laval (Réalisateur) du Studio Transmédia The Rabbit Hole dont vous êtes en train de lire le blog. Arnaud enseigne aussi le Brand Content et le Transmédia Storytelling dans différentes écoles.

4 COMMENTAIRES

  1. « La commission est aussi ouverte au financement de projet Brand Content à condition que la marque reste en retrait du projet et n’intervienne en rien dans le contenu éditorial. »

    Je ne vois pas comment cela est possible – la marque intervient forcément, son image est en jeu. Qu’entendez-vous par là ?

      • Mais dans un contexte de réduction des aides publiques, c’est déjà pas mal. Et puis je pense qu’il est important de chercher de nouveaux modèles économiques pour financer certains dispositifs transmédia… Même si cela ne s’applique pas à tous les thèmes j’en conviens.

    • Même s’il est évident qu’une oeuvre financée partiellement ou intégralement par une marque n’ira jamais à l’encontre de l’image de cette dernière, je pense qu’il est néanmoins possible pour une marque de financer une oeuvre dont le thème est proche de son territoire de marque et dont l’angle sert son propos sans pour autant intervenir sur l’écriture du scénario.

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