A l’occasion du SmartFipa, nous avons eu la chance de nous entretenir avec Michel Reilhac, l’un des pionniers français du transmedia. Entre lucidité et provocation, il nous délivre sa vision à moyen terme de l’évolution du transmédia qui selon lui va connaître « un trou d’air » dans les deux prochaines années faute de ne pouvoir apporter aux mass médias un ROI rapide et une audience suffisamment importante.

Une vision un peu pessimiste même si nous partageons son avis sur le caractère « expérimental » du transmédia et sur la nécessité d’apprendre de nos erreurs avant de pouvoir proposer un modèle économique fiable et des dispositifs optimisés pour tous les publics.

Je pense personnellement que l’appropriation du transmédia par les marques et la publicité peut permettre d’accélérer le phénomène de maturation car les annonceurs recherchent avant tout des dispositifs efficaces qui génèrent de l’audience et des contacts qualifiés (des leads). Les agences se retrouvent donc dans l’obligation de fournir des résultats et, de mon point de vue, les prix obtenus dans les festivals grâce au caractère innovant de ces campagnes ne suffiront pas à en justifier la mise en oeuvre.

Ce qui ne changera pas, c’est l’évolution rapide des usages multi-screen. Et je pense que Michel sera d’accord avec moi si j’écris que la transmédiatisation des oeuvres audiovisuelles, même si elle n’est pas nécessairement systématique, est une évolution inéluctable.

Michel Reilhac a quitté fin 2012 ses fonctions de directeur de l’Unité Cinéma d’Arte France et directeur général délégué d’ARTE France Cinéma, poste qu'il occupait depuis mai 2002. Il se consacre entièrement à des projets d’écriture, de réalisation et de développement de programmes transmédias.

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