« I, Philip » est l’histoire d’un androïde à qui l’on a implanté la mémoire de l’auteur américain de science-fiction Philip K. Dick à l’origine entre autres de Blade Runner et Minority Report et mort en 1982, son histoire, à travers les souvenirs de ce qui pourrait être son dernier grand amour. Mais ces souvenirs sont-ils bien réels ? Ne sont-ils pas le fruit de l’imagination d’un androïde humanisé ?

L’objectif est de proposer un film de réalité virtuelle de fiction écrit et pensé pour les nouvelles formes de diffusion. C’est de façon immersive et à 360° que I, Philip nous plonge dans la peau de Phil, copie robotique de Philip.

Proposant un voyage dans la tête de l’androïde, le film brouille la frontière existentielle séparant l’homme du robot. Il nous pousse à réfléchir sur un thème cher à l’écrivain : où finit l’humain, où commence la machine ?

Les intervenants :

Marianne LEVY-LEBLOND
Responsable des productions web et des projets transmédias
Arte

Pierre ZANDROWICZ
Réalisateur
Okio Studio

Ce films produit par OKIO Studio s’inspire de faits réels. En effet, cette démarche d’intelligence artificielle a bien été menée comme en témoigne la vidéo ci-dessous. Pour l’anecdote, la tête du robot de Philip K.Dick a finalement été dérobée en 2005 dans un aéroport.

Okio a décidé de proposer une histoire à la première personne, un choix déterminant notamment dans l’écriture du scénario. Le spectateur se sent dans la peau du personnage (l’androïde) et prend sa place. La force des émotions, démultipliées en VR, implique une forme de responsabilité chez le réalisateur (de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités) vis à vis sur spectateur. L’expérience doit rester agréable.

Les particularités d’un tournage en VR

forumblanc2016-8

Le montage d’un film en VR est un peu particulier car pour éviter de choquer le spectateur, il est nécessaire d’éviter les cuts. Ainsi, chaque changement de scène se doit d’être justifié par le scénario. Il s’agit donc plus d’une succession de plans séquence en 360°. Le spectateur est donc plus sollicité et c’est lui qui fait en quelque sorte, par son regard, son propre montage.

Selon Pierre ZANDROWICZ, la 3D rend le film plus immersif. Pierre pense même que le cinéma 360° ne se conçoit qu’avec la 3D. Quand à la musique qui permet de traduire des émotions au cinéma, elle peut donner l’effet inverse en VR. La musique est composé par RONE et le mixage et spatialisation est réalisé par Jean-Pascal Baudoin chez Headspace Studio (Montreal). Il a effectué une prise de son à l’aide de capteurs ambisoniques.

Conformément à ce que nous avons nous même observé sur des expériences VR, le spectateur n’utilise que très rarement le potentiel 360° d’une scène. Il a tendance généralement à regarder devant lui ou au mieux à 180°. En fait l’idéal est, par la mise en scène ou le son, d’orienter le regard du spectateur vers certaines zones où se joue la scène.

Les repérages ont été réalisés à l’aide d’une caméra Richo Tetah qui permet d’effectuer rapidement des shootings 360° des lieux de tournage.

Le film a ensuite été tourné à l’aide d’un setup caméra composé de 2 caméras RED Dragon assemblées en double (pour un effet 3D). Chaque scène n’était pas tournée intégralement en 360 mais plutôt par angle afin de permettre au réalisateur d’être présent sur le tournage. La post-production aura duré 5 mois, avec une large partie dédiée aux effets spéciaux. Il est intéressant de noter que, d’après Pierre, la presence sur le plateau de tournage des responsables FX et post-production est indispensable pour ce type de tournage.

De part la recherche et développement nécéssaire pour un tel projet, de part l’équipement nécessaire au tournage et la post-production, le budget de ce film qui dure 14mn (15 avec le générique) est élevé (500 K€).

Côté Arte, le film sera associé à la diffusion d’un documentaire sur l’écrivain Philip K.Dick et à un jeu développé par Darjeeling. Il sera mis en ligne sur les stores Occulus et Samsung le 22/02/2016 et sera aussi visible sur le player Arte360. Le film sera gratuit en France et payant à l’étranger.

PARTAGER
Article précédent[ForumBlanc] – The Enemy
Prochain article#ForumBlanc – R/O l’institut, émulateur de héros et projets transmédias
Arnaud Hacquin a créé en 2010 le Jardin des marques, une agence conseil en stratégie de marque et en communication transmédia. Il est aussi le fondateur avec Olivier Pouponneau (scénariste) et Flo Laval (Réalisateur) du Studio Transmédia The Rabbit Hole dont vous êtes en train de lire le blog. Arnaud enseigne aussi le Brand Content et le Transmédia Storytelling dans différentes écoles.

1 commentaire

LAISSER UN COMMENTAIRE

Code de contrôle *
Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.