Nous avions déjà rencontré Aurélie BERCKMANS (Coordinatrice Générale The Voice Belgique) et Valérie JANSSENS (Responsable Web/Réseaux Sociaux The Voice Belgique) lors du festival des webTV à La Rochelle à l’occasion de la présentation du dispositif de The Voice par l’équipe de la RTBF. Cette année la chaine belge nous prépare encore quelques petites surprises en matière de social TV et de Transmédia. Sophie Berque, Adjointe à la Direction  iRTBF (département interactif de la RTBF) a accepté de répondre à quelques questions.

Quelle organisation et quels moyens la RTBF a t-elle mis en place pour développer les nouvelles formes de narrations médiatiques ?

Le département  iRTBF est encore assez récent et il n’existe pas à proprement parlé de service dédié aux projets transmédia ou aux nouvelles écritures comme à France Télévisions. Nos moyens sont encore limités même si la RTBF a conscience que la dimension multiplateformes des projets télévisuels, radio et web est un axe de développement fort. Pour le moment, nous choisissons donc, au sein de i RTBF, de concentrer nos efforts budgétaires et humains sur un gros projet par an plutôt que de nous disperser. Cette année ce sera « Le prince charmant ».
Notre rôle est aussi de sensibiliser et de former nos partenaires producteurs aux nouveaux usages et aux nouvelles formes d’extension narrative qu’offre le transmédia.

Quelle est la génèse du projet « Prince charmant » ?

Les premiers contacts ont été avec le réalisateur du documentaire qui a eu l’idée du sujet et l’a proposé à l’unité documentaire TV de la rtbf. Très vite nous avons vu son potentiel transmédia. Il a donc fallu constituer une équipe en interne mais aussi en externe (producteur, réalisateurs, designer,…) capable de le mettre en oeuvre dans toutes ses dimensions.

En quoi est-il original ?

Il s’agit certes d’une oeuvre multiplateforme (web, TV, presse, radio) mais ce n’est pas tout. Pour la première fois, nous avons souhaité que le contenu du documentaire TV évolue en fonction des réactions du public durant toute la durée du projet (diffusion du webdoc, émissions radio, articles en presse écrite, échanges sur les réseaux sociaux)…Un scénario est bien sûr écrit et tourné pour chaque média mais on laisse la place aux nouveaux contenus qui peuvent nous venir du public.

Ca n’a pas du être simple à mettre en oeuvre ?

En effet, cela implique beaucoup de souplesse et de réactivité dans le mode de tournage et le montage final du documentaire puisqu’une partie du documentaire tiendra compte des réactions du public.

Vous êtes vous fixés des objectifs particuliers en terme d’audience ou de participation pour ce projet ?

Il s’agit pour nous encore d’une expérimentation même si nous avons choisi un thème de proximité qui devrait générer nous l’espérons une certaine audience. Nous ne nous sommes donc pas fixé d’objectifs particuliers pour ce projet. Il y aura les indicateurs d’audience TV classique pour le documentaire linéaire et des indicateurs de web-analytics associés au webdocumentaire. Pour les réseaux sociaux, ce sera le volume de tweets ou de commentaires Facebook générés. Il y aura aussi la participation au configurateur de Prince Charmant.

Quels sont les autres projets transmédia en cours de développement chez IRTBF ?

Nous continuons de manière permanente à développer l’interactivité à travers par exemple notre Livecenter qui permet aux internautes de réagir via Facebook et Twitter sur différentes émissions et différents événements. Nous continuons aussi à développer nos applications mobiles comme la TV Nomade (rtbf.be/mobile). Et nous sommes aussi très présents sur les réseaux sociaux qui devient vraiment le 4e média de la RTBF.

Quel budget annuel la RTBF consacre t’elle aux projets transmédias et aux nouvelles formes de narrations ?

Bien inférieur à ceux provisionnés par vos chaines françaises ! Il n’existe pas de réel modèle économique établi pour le financement des projets multiplateformes. Par ailleurs, en Belgique, il n’existe pas d’organisme d’état comme la CNC pour financer tout ou partie des dispositifs transmédia. Les budgets sont donc financés par plusieurs acteurs (ex : département documentaire de la chaine, iRTBF, producteur, partenaire externe…)

ndlr : le budget du département création nouvelles écritures de France Télévisio s’élève en effet à 1,2 million d’euros en 2012. Pour le transmédia, l’enveloppe est de 3 millions d’euros, tous programmes confondus (fiction, documentaire, jeunesse…). 

 

Sophie Berque est Adjointe à la Direction de iRTBF, département interactif de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone) qui regroupe les activités de développement de l’offre web, digitale et mobile du média ; ainsi que les activités liées aux réseaux sociaux. Elle est aussi responsable de la communication interne et externe du département. Elle prend également en charge les projets liés au transmédia et au développement de contenus web (web-série, web-documentaire, lancement de films sur le web,…).
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Arnaud Hacquin a créé en 2010 le Jardin des marques, une agence conseil en stratégie de marque et en communication transmédia. Il est aussi le fondateur avec Olivier Pouponneau (scénariste) et Flo Laval (Réalisateur) du Studio Transmédia The Rabbit Hole dont vous êtes en train de lire le blog. Arnaud enseigne aussi le Brand Content et le Transmédia Storytelling dans différentes écoles.

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