Jacques Hintzy, président d’Unicef France, a remis mardi 21 février au matin la Charte sur la Protection de l’enfant dans les médias à la ministre des solidarités et de la cohésion sociale Roselyne Bachelot.

En décembre 2010, la campagne de publicité du magazine Vogue, qui mettait en scène des petites filles dans des postures extrêmement suggestives, avait suscité l’indignation de plus de 150 pédiatres, dénonçant dans une pétition « l’érotisation et l’hypersexualisation des enfants dans la publicité ». Pour stopper ces dérives, Roselyne Bachelot, ministre des solidarités et de la cohésion sociale, a confié en novembre dernier à Chantal Jouanno, sénatrice UMP et membre de la commission des affaires sociales et de la délégation aux droits des femmes, une mission « d’observation et de régulation » de ce phénomène. Elle remettra le 5 mars un rapport parlementaire sur le sujet, et formulera une série de propositions.

Cette charte, remise mardi 21 février, qui va donc bien au-delà de la question de la sexualisation, rappelle l’ensemble des droits de l’enfant (définis dans la Convention internationale de 1989) que les médias sont censés d’ores et déjà respecter : leur droit à la liberté d’expression et d’information, au respect de leur vie privée, leur droit à s’exprimer sur les questions les concernant (en fonction de leur âge et leur maturité).

Elle rappelle également le devoir qui incombe aux adultes de les protéger : la notion d’« intérêt supérieur » de l’enfant, reprise dans d’autres textes internationaux, doit rester « une considération primordiale » ; la loi du 5 mars 2007, réformant la protection de l’enfance précise que l’« intérêt de l’enfant, la prise en compte de ces besoins fondamentaux, physiques, intellectuels, sociaux et affectifs, doivent guider toutes les décisions les concernant ». Par « enfant », la Convention des droits de l’enfant entend, rappelons-le, un mineur de moins de 18 ans et est donc censée inclure aussi les adolescents.

Les signataires de la charte s’engagent par exemple à «ne pas diffuser, y compris dans les espaces publicitaires, d’images hypersexualisées d’enfants, filles comme garçons, notamment dans une mise en scène érotisée, ou portant des vêtements, accessoires ou maquillage à forte connotation érotique». Le CSA et le Syndicat de la presse magazine (SPM) l’ont déjà signée.

Source : Journal La Croix

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